A quick reminder Coriolistic Anachronisms - A Vancouver Blog

Hi, I'm your friendly Coriolibot (as in "ro-bot").

It would seem Vince (shame on him) hasn't posted a fresh entry in a couple of days, so I am here to keep you entertained no matter what!

The post below is a random entry that we hope you haven't read before. Regular current entries follow. Enjoy, and come back soon for brand new posts!

Note: this random entry is served on a per-visit basis and will change if you reload the page. It will also not show up on regular RSS, Feedburner and Twitter feeds.

Aug 15
   Vintage! This is a random post. The year was 2006...

Le site d’Inspiration Point - Inspo pour les initiés - est situé près de Orem, à quelques 60 km au sud de Salt Lake City. Le décollage s’effectue d’une épaule rocheuse à l’avant de la montagne principale. Vers la droite, donc au nord, la chaîne est traversée par une vallée étroite au fond de laquelle coule la rivière Provo flanquée par une route traversant le parc Uinta National Forest. De l’autre côté de la vallée se dresse le mont Timpanogos, 3500 m.

L’aire d’atterrissage officielle est située sur le terrain de jeu un peu étroit d’une école secondaire en contrebas. L’angle de plané jusque là étant assez plat, il s’agit de ne pas descendre trop bas trop tôt ou on manque simplement le terrain. Mais m’étant garé près du décollage, je vais m’en remettre à ma bonne étoile et espérer me reposer près de l’auto.

J’étale mon aile grossièrement dans la pente puis la gonfle d’une traction sèche pour la positionner et démêler les suspentes. Je me harnache ensuite, démarre le variomètre et, sentant une bulle thermique passer, m’élance aussitôt et la rate. Mais une fois le décollage entamé, il faut continuer. Après avoir conservé le maximum de mon poids en avant pour bien charger l’aile jusqu’à avoir définitivement quitté le sol, je me renverse en arrière et m’installe confortablement dans la sellette, prenant un tour de poignet dans les élévateurs tout en vérifiant l’état de la voilure.

Le vario commence aussitôt à gémir régulièrement. Ca descend partout. Je tâte un peu à gauche et à droite de mon plan de vol. Rien à faire, pas de thermiques et le vent est trop faible pour me permettre de tenir en dynamique.

Après seulement quelques minutes de vol, je commence déjà à être bas et n’ai pas avancé tellement vers l’atterissage. J’entame une dernière ligne droite et commence à planifier l’approche, envisageant la marche exténuante qui s’ensuivra pour remonter jusqu’à la voiture. Le vario gémit toujours. Les toits des premières maisons défilent sous mes pieds.

Soudain, une bourrasque. L’aile droite accroche un petit thermique et me tire vers le haut. Le vario se tait, puis chante quelques notes hésitantes, un ton plus haut. Prenant une chance, je décide d’enrouler immédiatement à droite. Même si je ne monte pas très haut, je peux peut-être au moins me refaire un peu pour mieux préparer l’approche. Il s’agit de ne pas tomber à l’extérieur de la colonne d’air chaud qui, si près du sol, ne doit pas être bien large. Mes deux premiers tours sont assez maladroits, je chevauche l’extérieur du thermique. Puis je parviens à me centrer et sens l’aile monter plus rapidement. Le vario se met au beau fixe.

 Remontant lentement, je me permets de relaxer un peu et d’étudier l’air autour de moi. J’ai dû rencontrer une bulle générée par les habitations au bas de la pente. Le vent souffle de l’est et je dérive lentement vers l’ouest alors que j’enroule, remontant inexorablement vers le sommet voisin.

Quand je dépasse l’altitude du décollage, je m’accorde un bon point pour avoir gratté avec tant d’opiniâtreté. Je n’aurai pas à marcher. Je trouve un nouveau thermique et m’y engage en sens inverse, pour briser la routine. Deux des ailes qui m’avaient devancé au décollage, ayant atteint le sommet de la chaîne derrière moi, partent en longue traversée à travers la vallée, pour tenter de raccrocher le versant opposé. Je me demande si je parviendrai à les imiter.

Puis c’est mon tour de me retrouver assez haut pour être tenté par le versant sud du Timpanogos. J’ai assez d’altitude pour planer jusqu’à environ mi-pente en face et espérer trouver là-bas de l’ascendance et remonter ainsi assez haut pour continuer plus avant ou revenir.

Je travaille donc mon dernier thermique aussi haut qu’il me tolère puis je mets le cap au nord, m’installe confortablement dans mon harnais, attrape le barreau de l’accélérateur, l’enfonce à fond, relève les élévateurs en position de meilleure finesse et me lance à l’aventure.

Tout en bas, au fond de la vallée, la route sinueuse semble ralentir les voitures comme si elles conduisaient sur de la glu. Le vent me siffle aux oreilles, je suis pleinement heureux.

Les ailes qui me précédaient ont raccroché la paroi d’en face, sont remontées haut et partent résolument vers le nord. Je suppose qu’ils ont la chance d’avoir un véhicule de poursuite et n’ont pas à revenir à leur point de depart.

Quand je raccroche à mon tour, je suis plus bas qu’ils ne l’avaient été, étant parti d’un peu moins haut et manquant aussi d’expérience. Mais en cette fin d’après-midi, l’air chaud monte partout sur le versant sud et je n’ai aucun mal à me hisser jusqu’à l’arrête sommitale.

Rendu là-haut je joue un moment au chat et à la souris à la base d’un cumulus dans un thermique turbulent qui me secoue dur et provoque deux petites fermetures de mon bord d’attaque. Je jette un coup d’œil à l’altimètre : 3887 mètres. J’ai fait un gain de 1850 mètres depuis le décollage. Je suis seul en plein ciel, en vol depuis plus d’une heure.

Un dernier regard vers le nord me confirme que les ailes ont disparu. Je tire un trait invisible dans l’air frais et décide de rentrer sagement récupérer la voiture. D’ailleurs je commence à être fatigué, le vol en thermique ayant prélevé son pesant d’énergie. J’ai encore du mal à demeurer complètement décontracté quand l’air est agressif et que le vario plafonne à + 5.5 m/s.

Je retraverse la vallée, sans accélérateur cette fois et prenant le temps de faire quelques photos, puis je coupe légèrement vers la droite pour arriver haut au-dessus de la Jeep. Une fois à la verticale du parking, je m’offre quelques derniers thermiques paresseux puis descends en long huit au-dessus de la route.

Approche en crabe longeant la pente ; je vise une plaque d’herbe sèche bien dégagée sous le déco, me relève dans la sellette, laisse monter les élévateurs pour garantir un peu de vitesse et puis j’arrondis doucement tout en me mettant face au vent. Touché en douceur. Une heure et demie de vol. Je suis comblé. Des vagues de gratitude m’envahissent. Cela aura été l’un des plus beaux vols de ma jeune carrière de pilote de parapente.



That was in June 2003, during a 2 week trip to Utah. The related pictures are featured in the Utah and flying galleries.

Yesterday, I went up to Grouse Mountain and just as I got to the chalet, a couple of paragliders were taking off from the ski hill above us on tandem flights. They thermaled overhead for a while, oblivious to the world below them and to my growing frustration. My last flight was on June 5th, 2005 in Quebec. The previous one goes back to July 2004. I seem to be stuck on the ground. My dear paraglider is getting old neatly packed away in its bag, like a bird in a cage that can never stretch its wings. This is all wrong. What have I done?

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2006-08-15 19:26 • Posted in On the road:

6 Comments

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  • 1 - NewYorkangel says:

    « Love the last picture!! Cette petite moue serait-elle la représentation exacte de la frustration d’être cloué au sol?! ;-)
    Cuando empezé a leer, pensaba que estabas volando otra vez y quédé super contenta para ti. Infelizmente, al final descubri que no, que hablabas de momentos del pasado. Lo siento mucho...Sé cuanto te cuesta no estar en el cielo. Muy pronto, maybe, you’ll be flying again. Or at least, te lo deseo.
    -Who said I was mixing languages again??:-)- »

  • 1.1 - Vince answers:

    « Hola Angel,

    Me lo deseo a mi mismo también. ;-) And yes, la moue est issue de la frustration d’etre nailed to the ground... Rigolotte, non?

    The way I look at it, si je peux réussir à me moquer de propre frustration, entonces todo saldrá bien. »

  • 2 - Sigrid says:

    « « Moi ce que j’aime, dit naïvement Langelot, c’est le point sur l’i. »

    Langelot et le présidentissime.

    Moi ce que j’aime, c’est les parapentes en arrière de la moue. »

  • 3 - miss lulu says:

    « orem... timpanogos... le wasash front... inspiration point... que des noms que je reconnais comme si j’y vivais encore. les montagnes de l’utah me manquent plus que tout. j’espère que toi et moi on aura l’occasion d’y retourner un jour :) »

  • 4 - Anonymous says:

    « Moi aussi j’ai sauté de joie en lisant la description du vol.
    Moi aussi j’ai déchanté en comprenant mon erreur.
    Moi aussi je te dis : bon vent, accroche-toi à ton rêve et réalise-le
    OU QUE CE SOIT" »

  • 5 - Vince says:

    « Bonjour à tous et toutes... Miss Lulu, j’avais oublié que tu avais des racines en Utah. On se comprend, alors... :-) »

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We now go back to current chronological entries:
Sep 11

Pour ma très chère soeur, as a reminder that beauty is in the eye of the beholder, in other words everywhere... :-)

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2006-09-11 13:44 • Posted in On the road: & Photoblogs:

3 Comments

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  • 1 - NewYorkangel says:

    « Et moi, même sans être ta soeur, je peux avoir aussi plein de belles photos en cadeau, juste comme ça??!! ;-)) »

  • 2 - Sigrid says:

    « Vois-tu Angel, c’est passque c’est cheu nous, ça.
    I know, Vince, I do live in the nicest place...around here. But dammit, it lacks mountains, ocean, fog and orcas, ya know? (Yeah, you know, there was no way you were staying HERE)
    All right, I hear the lesson and shall open my eyes to the beauty around me...the Fall better get in gear. »

  • 3 - Vince says:

    « NYA: mais oui, tu n’as qu’à visiter une des galeries photo du site. Moi je choisirais l’Utah, si j’étais toi... ;-) Non, sérieusement, si j’avais des photos d’Espagne, je serais heureux de te les dédier. Mais lors de mon dernier passage là-bas, je ne pensais qu’à voler en parapente et n’ai pas pris tellement de photos; et lors du précèdent, j’ai oublié mon sac photo entier dans une chambre d’hôtel à Madrid, Minolta x-700, 3 objectifs, flash, poignée revolver, moteur, doubleur, filtres Tonkin, etc. Du coup, je suis passé au numérique. Il y a du bon a tout. ;-)

    Sigrid: You’re making me feel bad. You know, the orcas were only small orcas. They were so small they managed to creep under the boat. I mean, we couldn’t see their eyes or claws or anything. And the mountains, well, sure they’re there. That’s because we’re sitting on the Pacific Ring of Fire. One big bunch of volcanoes in a circle, with mad tectonic plates underneath that are seeking one thing: world domination by earthquake. Oh and the fog. Yeah, the fog. Fog’s really cool when it lasts for days on end and you’re charging $11 a person for someone to ride a glass elevator - in the fog - to go visit a lookout tower with 72 windows opening wide unto... fog. ;-) »

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